De Brahms au baroque
Voilà ce blog enrichi d’une nouvelle rubrique. Diantre, quel éclectisme !
Comment mieux commencer son week-end que par un concert de musique classique ? En effet, depuis mon arrivée, l’église à 40 mètres de chez moi me narguait avec une grande banderole : « Freitag, 15. Februar – 19:30 – Brahms ». Ladite église, la “Magdalenenkirche” qui sera, de facto, ma paroisse pendant ces quatre mois, impose son austérité protestante d’église de village – loin de la pompe néoclassique de notre Madeleine nationale – dans la Karl-Marx-Straße : toute en brique, avec son clocher noir, dans un style que je qualifierais de pseudo-néoroman-troisième république, je la trouve très mignonne, mais je vous laisse juger.
Magdalenenkirche (Berlin-Neukölln) - Wikipedia
Die Magdalenenkirche wurde von 1877 bis 1879 von Wendt und Herrmann Bohl im Rundbogenstil errichtet. Die Langhauskirche hat einen polygonalen Chor und einen quadratischen Turm. Im Zweiten Weltkrieg
http://de.wikipedia.org/wiki/Magdalenenkirche_(Berlin-Neuk%C3%B6lln)
L'article Wikipédia de l'église, qui n'existe malheureusement qu'en allemand...
Donc, disais-je, dès mon installation je m’étais bloqué la date d’aujourd’hui en vue d’un concert de Brahms qui est mon compositeur préféré (ça fait toujours un peu prétentieux de dire qu’Untel est son compositeur préféré quand ce n’est pas Mozart, Beethoven ou Bach, mais c’est comme ça, j’y peux rien, qui m’aime me suive !) et c’est ainsi que je franchissais à 19h16 le seuil de l’église luthérienne, après avoir parcouru les 40 mètres qui la séparent de mon appartement : j’avais bien fait de prendre un peu d’avance l’église était comble. Je plaisante évidemment, j’étais le premier des quinze personnes qui allaient venir s’installer dans le quart d’heure restant… Je reçois bien gentiment un programme après avoir découvert que le concert était gratuit parce qu’il était donné en l’honneur de la rénovation de l’orgue (dont il est question dans l’article Wikipédia). Et je rencontre au passage ma propriétaire qui faisait partie du staff d’organisation et qui paraissait assez surprise de me voir là. J’ai dû gagner des points !
Au moment où mes yeux se posent sur le papier, mon sang se glace : pas la moindre trace de Brahms, outrageusement remplacé par Haendel et Telemann… Le musicien, qui venait de Hambourg étant malade, on avait dépêché en toute hâte des locaux pour maintenir le concert. Qu’à cela ne tienne, je change promptement ma disposition d’esprit et m’apprête à me plonger dans la douceur surannée et aigrelette du baroque allemand. Au menu : Neuf airs allemands pour soprano, violon et orgue (HWV 202-210) de Haendel, sur des textes religieux de Barthold Heinrich Brockes (oui oui, le célèbre Barthold Heinrich Brockes), et deux Fantaisies pour violon baroque solo (TWV 40/14 et 40/22) de Telemann. Ça promettait…
Mais il ne faut jamais juger trop vite, et je me suis laissé surprendre par les airs de Haendel - même si, pour reprendre une expression chère à quelqu’un qui se reconnaîtra (je croise les doigts pour que Victor ait compris le second degré dans le ton pédant de cet article et qu’il ait continué la lecture jusque là, sans quoi ma remarque tombe à l’eau) : « ça puait Haendel ! » - et notamment par le quatrième air : « Süße Stille, sanfte ruhiger Gelassenheit !... » que j’ai beaucoup aimé. Le sixième : « Meine Seele hört im Sehen… » dans un autre style, était aussi très agréable et je n’ai pas regretté ma soirée (en fait le concert durait 1h10, ce qui le rend d’autant plus rentable).
La meilleure surprise étant l’Allegro de la première Fantaisie de Telemann, qui m’a réconcilié avec le violon solo (mais c’était du violon baroque, je ne sais pas la différence, donc peut-être que ça a joué dans l’histoire…).
Si vous voulez les écouter sur Deezer :
Haendel : http://www.deezer.com/fr/album/4666321
Telemann, joué à l'alto, plus proche de ce que j'ai entendu ce soir : http://www.deezer.com/fr/album/1765171
Et les liens YouTube si vous préférez :
La première Fantaisie de Telemann au violon (un peu plus aigre), l'Allegro est vers 1min52.
Le prochain rendez-vous musical de la Magdelenenkirche est la Matthäuspassion (Passion selon Saint-Matthieu) de Bach, dimanche 24 mars à 15h, payant cette fois-ci. De la grande, grande musique, ou comme disent nos ados, ça va envoyer du pâté ! Si certains sont intéressés et veulent planifier leur séjour en fonction, je rappelle que j’ai de la place et qu’ils sont les bienvenus !
Je constate que mes articles sont de plus en plus longs et que je dois certainement avoir perdu la moitié des lecteurs qui me restaient, c’est-à-dire Papa ou Maman. Merci en tout cas, à toi qui m’as lu jusqu’ici et à la prochaine fois !
