« Achtung ! Chemikalien »…
… ce qui pourrait être traduit par : « Attention ! produits chimiques ».
Cette accroche choc est là pour vous mettre dans l’ambiance de ces derniers jours au labo. En effet, j’ai eu à manipuler des produits très dangereux. Mais c’est pour la bonne cause puisque j’ai la joie de vous annoncer que cette série de réactions a marché ! Les analyses sont formelles, j’ai bien synthétisé le 5-undécylpyrrole-2-carbaldéhyde – si vous en doutez, signalez le dans la rubrique « contact » et je vous ferai parvenir les spectres RMN et massiques.
Non, vous ne rêvez pas, pour la première fois de ma vie, j’ai effectué une spectroscopie de masse ! Et j’ai pour cela dû manipuler du méthanol… Si vous ne le connaissez pas encore, cet alcool, issu de la distillation du bois (quelle idée…) est le plus simple de sa famille. Mais contrairement à son grand frère l’éthanol qui égaye vos soirées, sa consommation vous rendra fou et aveugle. C’est tout de suite moins glamour. Et c’est parce qu’il est toxique que les industriels s’en servent pour couper l’éthanol (le « dénaturer ») et le rendre impropre à la consommation : l’alcool à brûler en contient 5 à 10%, donc personne ne peut le boire sans être très malade et les industriels ne paient pas les lourdes taxes sur les boissons alcoolisées (la vodka russe frelatée issue certainement de la distillation de pneus de tracteurs en contient aussi, mais on s’éloigne du sujet). Bla bla bla… Mais le piège du méthanol c’est qu’il sent très bon, il a un peu l’odeur de la pomme Granny, donc on se dit Miam miam ! mais en fait c’est pas du tout Miam miam…
L’autre produit très caca boudin c’était le trichlorure de phosphoryle, mais lui au moins annonce la couleur avec son nom à coucher dehors avec un billet de logement. L’étiquette précise : « Mortel par inhalation », donc je ne pourrais pas vous indiquer s’il a l’odeur acidulée de la pomme Granny. Cependant, si votre tempérament curieux vous empêche de dormir et de mener une vie normale en raison de cette incertitude, signalez le dans la rubrique « contact » avec votre adresse et je vous ferai parvenir un petit coton imbibé pour que vous puissiez identifier vous même son odeur. Pensez à m’envoyer RAPIDEMENT votre diagnostic après inhalation !